Les vins bio ont la cote

Les vins bio et naturels rencontrent un succès croissant, depuis que la communication autour des produits phytosanitaires a pris de l’ampleur – le raisin est tristement le fruit le plus contaminé – et que les consommateurs deviennent plus sensibles à la qualité de ce qu’ils consomment.

Comme l’explique la marque Oé de vins bio, « la vigne c’est 4% de l’agriculture, mais 20% des pesticides ». D’où la nécessité de changement…

Cap sur le monde passionnant et délectable des vins bio !

 

Un marché en forte croissance

Selon l’Agence Bio, 83 % du vignoble bio mondial sont dans l’Union européenne, notamment en Espagne (26 %), en Italie (25 %) et en France (19 %). 43% des volumes produits dans l’hexagone sont exportés.

En 2018, la France a dépassé l’Espagne pour devenir 2ème producteur mondial de vin biologique, avec 361 millions de bouteilles. Et la croissance se poursuit ! L’hexagone devrait en produire environ 613 millions en 2023. Question prix, une bouteille bio est vendue en moyenne 6,14 €, soit 33 % de plus qu’un vin conventionnel.

En 2017, selon IWSR, la part de marché du bio en France se positionnait à 3,7 % (tous circuits confondus, sauf Travel Retail) – la vente de vins bio ayant doublé en quatre ans. Le cabinet britannique estime qu’elle pourrait atteindre 8,3 % d’ici à 2022. Selon la même étude, entre 2018 et 2022, ce marché continuera de croître alors que le marché de vins (non mousseux), très mature en France, montre plutôt un léger déclin.

 

Qu’est-ce qu’un vin bio ?

Pour pouvoir bénéficier du label « vin bio », la production doit obéir à deux réglementations : celle de l’agriculture biologique pour la culture de la vigne (sans utilisation de pesticides de synthèse ni d’engrais chimiques), et celle de la vinification bio, en vigueur depuis le 8 février 2012 et appliquée depuis les vendanges de 2012. Le vin bio intègre désormais tout le processus, du raisin jusqu’à la bouteille.

Les vins bio ne sont pas forcément exempts d’additifs, comme les sulfites (c’est en fait du dioxyde de soufre qui est ajouté) mais ils en contiennent environ 30% en moins. Les teneurs en SO2 total maximales autorisées dans les vins biologiques sont de :

  • 100 mg/l pour les vins rouges secs (< 2g/l glucose + fructose)
  • 150 mg/l pour les vins blancs et rosés secs (< 2g/l glucose + fructose)
  • -30 mg/l par rapport aux valeurs de l’OCM pour les autres vins

 

Une liste d’additifs utilisables sous conditions existe pour les processus de vinification. Certaines techniques physiques sont interdites : désalcoolisation partielle des vins, concentration partielle des vins à froid pour l’enrichissement, l’électrodialyse et le traitement aux résines échangeuses de cations…

 

Des marques engagées

Jacques Frelin a été l’un des pionniers du vin bio. Dès 1983, il se lance dans le négoce du vin bio, alors que le concept n’est guère développé. Sa marque, anciennement Terroirs Vivants, propose des vins du Pays d’Oc notamment.

La jeune marque vend des vins zéro pesticides (sur 425 molécules testées – analyse Capinov) de plusieurs origines : Côte du Rhône, Bordeaux, Languedoc, Méditerranée… La société s’engage en outre dans la réduction de ses emballages avec du verre partiellement recyclé et des bouchons en liège naturel. L’entreprise est certifiée B Corp, traduisant le fait qu’elle applique des normes sociétales et environnementales élevées et s’engage pour le bien commun.

 Maisons Charles Frey est l’une des sociétés alsaciennes qui s’est tôt passionnée pour le vin bio, dès1997. Pinot noir, gris, Gewulztraminer, Riesling… La maison propose une belle panoplie de vins prestigieux issus de cette région.

Le Domaine du chêne vert, situé au cœur du parc naturel des Baronnies Provençales, travaille en agriculture bio depuis 1992 et en biodynamie depuis 2017. Ses Côtes du Rhône, blancs ou rouges, sont à apprécier !

Bonne dégustation !

 

Caroline Da-Chavigny

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