Foie gras ou pas ? Gavage général

Gavage et foie gras : découvrez le faux gras, l'alternative Veggie

Selon un sondage réalisé en décembre 2015 pour L214, l’association de défense des animaux de l’agriculture, 51% des Français sont favorables à l’interdiction du gavage des canards et des oies dans la production de foie gras. Un chiffre qui illustre une prise de conscience massive des consommateurs pour les conditions d’élevage des animaux.

Gavage et foie gras : découvrez le faux gras, l'alternative Veggie

Ils étaient 44% en 2013, et 47% en 2014, à souhaiter la fin de cette pratique. Mais c’est la première fois que l’opposition au gavage est partagée par plus de 50% des Français. Et qu’un Français sur trois (33%) refuse d’acheter du foie gras pour des raisons éthiques liées à la souffrance animale. Un résultat de 4 points supérieur à l’an dernier et en hausse de 14 points par rapport à un précédent sondage réalisé en 2009. Selon les données officielles du Ministère de l’Agriculture, la consommation de foie gras en France a marqué une baisse en 2014 pour la 4e année consécutive.

Une tradition plutôt récente

En réalité, la consommation systématique et massive de foie gras pendant les fêtes est une pratique née du développement du gavage industriel. En vingt ans, la consommation de foie gras a triplé grâce à une production de masse à moindre coût, soutenue par des investissements publicitaires massifs. C’était sans compter sur le travail d’information des associations de défense du bien-être animal et le soutien des consommateurs qui refusent de plus en plus ces pratiques tortionnaires.

Car le foie gras dont la France peut se vanter d’être le premier producteur mondial, a mauvaise presse. L’importation de foie gras est interdite depuis 2006 à Chicago, 2012 en Californie, depuis 2014 en Inde, et depuis mai dernier à Sao Paulo au Brésil. La raison est toujours la même : la cruauté des méthodes de gavage ! L’Europe, d’ailleurs, n’est pas en reste : une réglementation datant de 1998 concernant la protection des animaux dans les élevages stipule qu’« aucun animal n’est alimenté ou abreuvé de telle sorte qu’il en résulte des souffrances ou des dommages inutiles ». Pour certains, cette réglementation est bien une interdiction du gavage… La Pologne, a ainsi fermé les élevages depuis 1999. Seuls la France, la Belgique, l’Espagne, la Hongrie et la Bulgarie continuent à produire du foie gras mais selon les textes, ils se doivent de trouver des alternatives à la prise forcée d’aliments. Autrement dit, le gavage à terme semble condamné à disparaître…

Du foie gras sans gavage ?

En réalité, à l’état sauvage, les oiseaux migrateurs se mettent à manger plus et à stocker les graisses nécessaires pour leurs voyages de plusieurs milliers de kilomètres. La stéatose hépatique qui en découle est donc un phénomène naturel et passager. L’éleveur espagnol Eduardo Sousa, propriétaire de la seule exploitation de foie gras bio homologuée en Europe – et sans doute dans le monde – produit du foie gras « éthique ». Elevées en semi-liberté, sur 500 ha de terrain, ses oies se nourrissent de glands et de lupins, mais aussi de figues, d’olives et d’herbe. Une alimentation à laquelle s’ajoute, un mois avant l’abattage, du maïs bio. Sa production annuelle, de 400 kilos, vendue autour de 900 euros le kilo et réservée par les plus grandes tables du monde entier, dépend donc aussi du climat. La douceur des automnes derniers n’a pas incité les oies à se suralimenter en vue de la migration… Et il n’y a pas eu de foie gras pour Noël. Si le monde entier salue le savoir-faire du producteur espagnol, la filière des producteurs français ne semble pas prendre cette piste, trop aléatoire et anti-productive !

Reprendrez-vous un peu de grippe aviaire ?

Selon les données du Ministère de l’Agriculture du 15 décembre dernier, une épizootie de grippe aviaire touche actuellement cinq départements du Sud Ouest de la France : en Dordogne (huit foyers), dans les Landes (quatre foyers), en Haute-Vienne (un foyer), le Gers (un foyer) et dans les Pyrénées Atlantiques (un foyer). Même si l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES) déclare que « Le virus étudié ne présente pas l’ensemble des déterminants connus pour favoriser la transmission des virus aviaires à l’homme » et que notre Ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, renchérit en martelant : « On n’attrape pas la grippe en mangeant de la viande ou du foie gras », la résurgence de ces foyers de grippe aviaire ne peut qu’inquiéter. L’OMS constate ainsi que « Le fait que les virus H5N1 et le H7N9 continuent à circuler parmi les volailles d’élevage représente une menace persistance pour la santé publique ».

La solution est-elle veggie ?

L’association belge de défense des droits des animaux GAIA commercialise depuis 2009 le faux gras, une superbe terrine végétale bio, aromatisée au champagne et aux truffes. A déguster sans mauvaise conscience et sans casser la tirelire, sur des toasts, avec ou sans confit d’oignon. Et à commander sur le site Sevellia.com !

Pour aller plus loin :

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