Slow-ski : les bonnes pratiques du skieur éco-responsable !

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Dans les Alpes, le réchauffement climatique est 3 fois supérieur à la moyenne planétaire. Une étude récente de Météo France démontre qu’un réchauffement de 1,8 % ferait perdre 40 jours d’enneigement pour les stations de ski situées à 1 500 m d’altitude. Une partie de ces dernières serait vouée à disparaître. Alors, il est urgent de changer nos comportements !

Slow-ski pour des sports d'hiver éco-responsables

Le slow-ski ? Préserver la montagne en changeant nos habitudes !

Les sports d’hiver polluent ! Mais ils sont aussi un moteur essentiel du développement économique des zones de montagne. Pour continuer à profiter de ce milieu particulièrement fragilisé à la fois par le réchauffement climatique et par les vacanciers, il est urgent de changer la donne. Chacun à son rôle à jouer : aussi bien les stations, dans l’organisation de leurs activités et les skieurs, dans leurs attentes et leurs pratiques ! Le bilan carbone des stations est tellement catastrophique, qu’il peut facilement être amélioré !

Réduire les dépenses d’énergie

C’est le transport des vacanciers jusqu’aux stations qui pollue le plus : 57% !

Vient ensuite le chauffage des bâtiments, appartements, hôtels… Mal isolés, surchauffés, les logements des vacanciers représentent tout de même 11 % de l’énergie totale, pour juste quelques semaines par an ! L’activité ski ne représente que 2% de la consommation énergétique. Mais le poste qui pèse le plus lourd est l’entretien des pistes : le balai incessant des dameuses à la nuit tombée est 5 fois plus important que l’électricité consommée pour le fonctionnement des remontées mécaniques.

Préserver la biodiversité

A elles seules, les Alpes abritent 10 000 rampes de télésièges. L’impact écologique est terrible : le tracé des pistes détruit la végétation et les skieurs l’achèvent. On constate une plus faible diversité végétale sur les pistes de ski que dans les prairies à proximité. Coté faune, deux oiseaux sont particulièrement touchés : le tétras lyre et le lagopède alpin, qui heurtent les câbles des remontées mécaniques et qui sont dérangés par le hors-piste. On comptait une centaine de tétras lyre aux Arcs dans les années 90, il n’en reste qu’une dizaine aujourd’hui. Le grand tétras lui a totalement disparu des Alpes !

Consommer moins d’eau

Selon la Commission Internationale pour la Protection des Alpes, 95 milliards de litres d’eau sont nécessaires pour couvrir de neige artificielle les 23 800 hectares de pistes de ski alpines. En prélevant l’eau dans les rivières, les lacs et les bassins de retenue, cette technique affecte la vie aquatique et la distribution d’eau. La demande est si importante que certaines stations sont obligées de construire des lacs artificiels. Les quelques 10 000 canons à neige français consomment 108 millions de kWh. La neige artificielle a aussi un impact sur l’érosion et la biodiversité : 50 fois plus dure et 4 fois plus dense que la neige naturelle, elle fond moins vite, est souvent composée d’additifs polluants qui entrainent des modifications de la structure de la composition de la végétation alpine.

Choisir une station « verte »

Sous la pression d’associations, 52 stations françaises se sont engagées à promouvoir une politique différente en matière d’économie d’énergie, de biodiversité, de traitement des déchets, de transport. Sur 600 stations, c’est peu… mais c’est sans doute un début ! Cet hiver, Tignes devient le premier domaine skiable au monde certifié « Green Globe ». Plus d’une centaine de pylônes ont été supprimés, des pistes de ski ont été re-végétalisées pour mieux fixer la neige et restaurer la biodiversité. Un observatoire a d’ailleurs été créé pour recenser les espèces présentes et les protéger. La flotte de bus devient plus propre et plus efficace pour inciter les skieurs à mettre aussi leur voiture en vacances. Le label « Flocon vert », mis au point par l’association Mountain Riders – pour valoriser les destinations de montagne engagées sur le développement durable et permettre aux vacanciers de choisir en connaissance de cause – s’affiche aujourd’hui à l’entrée des stations qui se bougent. A La Plagne, transition énergétique du chauffage biomasse pour 47 de ses bâtiments ; Chamrousse a supprimé 20 pylônes et revu les plans de ses remontées mécaniques, ;Saint Lary Soulan a investi 14 millions d’euros dans un télécabine pour éviter que les skieurs ne prennent leur voiture pour accéder aux pistes. Flocon vert aussi pour Les Rousses dans le Jura, dans la vallée de Chamonix, à Villars en Suisse et, depuis le 9 novembre, à Châtel en Haute-Savoie.

8 RÈGLES DE BONNE CONDUITE POUR PROTÉGER LA NEIGE !

  1. Oublier sa voiture et choisir des stations, où des services de navettes gratuites permettent de se déplacer sans rajouter des gaz d’échappement et développent le co-voiturage.
  2. Respecter les zones “protégées”. Ce sont là que se réfugient, à l’écart des pistes damées et du bruit des télésièges, les animaux des montagnes. Eviter le hors piste.
  3. Aimer la montagne même avec un faible enneigement et privilégier d’autres sports que le ski de piste : ski de fond, raquettes, … ! La neige artificielle, non merci …
  4. Ne pas jeter ses mégots dans la neige ! Lors de campagnes de nettoyage des déchets en montagne, on trouve jusqu’ à 30 000 mégots par pylône. Un seul mégot suffit à polluer 3m3 de neige !
  5. Transporter dans son sac : une gourde recyclable plutôt qu’une bouteille en plastique et les vestiges de son pique nique, car on ne laisse pas trainer dans les montagnes ses déchets !
  6. Louer, échanger ou acheter ses tenues et ses skis d’occasion ! Pas la peine de dépenser argent et énergie pour six jours de ski par an !
  7. Acheter un matériel eco-responsable et de fabrication locale. Pourquoi faire venir des US des produits “Made in China”, même s’ils sont “bio” ?
  8. Choisir sa station et son hébergement en prenant en compte les politiques de développement durable. Pour y voir plus clair, consulter l’éco-guide des stations de montagne ; il est gratuit.

 

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